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Ces couteaux curieux sont des TUMIS, couteaux sacrificiels péruviens.

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Dernière mise à jour 30/03/ 2020

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Le SEURRE

 

SEURRE, la ville de Côte-d'Or, est bien connue comme étape des mariniers de péniches ou de barges; le réseau fluvial et de canaux de cette région étant particulièrement important.

On peut légitimement penser que c'est bien la ville qui a donné son nom au couteau; même si celui-ci a également été adopté par les agriculteurs du secteur, en raison de sa forte lame et de sa robustesse. Mais sa dispersion a été très faible : le couteau semble être largement resté sur ses terres d'origine. On pense même que la grosse quincaillerie du secteur, la maison Daloz & Géminel pourrait être à l'origine de cette création, ou plutôt reprise, au tout début du 20ème. Seul le catalogue thiernois TOURNILHAC-DELOTZ  est connu pour proposer ce modèle, même si d'autres fabrications ont existé, comme celle de BROSSARD-DACHE "à la cuillère".

Une lame "pied-de-mouton", dite "stylet", qui évoque en effet  immanquablement celle des couteaux marins de type "London", sans pointe pour éviter les rixes mortelles, mais aussi excellent outil pour couper les voiles.

le manche, lui est en corne pleine, parfois légèrement aplatie sur les faces, mais le plus souvent ronde, et bien main. Il va en s'évasant vers la tête.

C'est un très beau couteau, qui fait les délices des collectionneurs, bien qu'il soit assez difficile à trouver.

Le même Seurre "55 SAUZEDE ANGELY", en position fermée

Et le "LIADOU", dans tout ça ?

Création actuelle, sur les bases de rares couteaux anciens "survivants"

A noter qu'à la société "D'ALBRAC" vient de succéder la société "Le Liadou du Vallon"

Remis au goût du jour par une "re-création" récente, Le Liadou apparait comme un couteau utilisé par les vignerons du vallon de Marcillac,  qui aurait été d'utilisation courante à la fin du 19ème et au début du 20ème; avant de disparaître complètement entre les 2 guerres.

Il présente les caractéristiques marines et une silhouette générale extrêmement proches du SEURRE. Quand on sait de surcroit que le Seurre bourguignon a de son côté souvent migré dans les terres, en raison de sa robustesse, au service des travaux agricoles . . . on peut demeurer perplexe sur cette proximité de style, à défaut de proximité géographique immédiate.

Pourtant le mystère n'est pas forcément bien grand; et il prend en compte les moyens de diffusion et de pénétration des régions enclavées. Deux possibilités: les grandes voies terrestres, les "grandes  routes"; et les voies navigables, bien plus nombreuses qu'aujourd'hui,  bien plus accessibles avec les bateaux à fond plat de l'époque; donc permettant de remonter assez loin les rivières secondaires, avant de terminer en transport local.

En jetant un coup d'œil sur cette carte des voies navigables du 19ème siècle, on voit bien que les 2 régions concernées sont, malgré la distance, susceptibles de liaisons marchandes courantes  par le grand arc fluvial qui desservait alors le Massif Central, d'accès souvent problématique.

Ensuite, il est probable que ce couteau - essentiellement fabriqué par Sauzède Angély - a pris ici ou là des noms vernaculaires différents; dont "le Liadou" en Aveyron.

 

A noter que ce nom LIADOU désigne aussi dans quelques départements du Massif Central un tout autre objet: un outil en bois qui servait à lier les gerbes.